Journée internationale des migrants 18 décembre : enjeux et actions

Chaque 18 décembre, la Journée internationale des migrants remet sur le devant de la scène des réalités souvent invisibles : parcours d’exil, travail, droits, mais aussi richesses humaines et culturelles. Derrière les chiffres et les discours publics, des vies se [...] ⬇️

Chaque 18 décembre, la Journée internationale des migrants remet sur le devant de la scène des réalités souvent invisibles : parcours d’exil, travail, droits, mais aussi richesses humaines et culturelles. Derrière les chiffres et les discours publics, des vies se construisent, se heurtent à des frontières, se réinventent.

Cette journée interroge les politiques migratoires, les pratiques des entreprises, le rôle des collectivités et des associations, mais aussi nos propres représentations. Elle met en lumière des enjeux très concrets de dignité, de protection et de cohésion sociale, et ouvre la voie à des actions individuelles et collectives tout au long de l’année.

Enjeu majeur Pourquoi c’est important ? Actions clés à entreprendre Impact attendu
Protection des droits humains Les migrants sont souvent exposés à la discrimination et à l’exploitation. Renforcer les lois, former les autorités, garantir l’accès à la justice. Réduction des abus et meilleure sécurité juridique.
Intégration socio-économique Une intégration réussie favorise la cohésion et la croissance. Accès au logement, à l’emploi, à l’éducation et à l’apprentissage linguistique. Inclusion durable et réduction des tensions sociales.
Sensibilisation du public Les préjugés alimentent les discriminations et les politiques restrictives. Campagnes éducatives, témoignages, évènements communautaires. Perception plus positive et réduction des stéréotypes.
Coopération internationale Les migrations dépassent les frontières et nécessitent une réponse globale. Accords bilatéraux, partage de données, soutien humanitaire. Gestion plus humaine et efficace des flux migratoires.

Evolution du nombre de migrants internationaux (2000-2024)

Source : ONU – OIM, 2024

Repartition des migrants par region d accueil (2024)

Source : ONU – OIM, 2024

Principales causes de migration dans le monde

Sources : OIM, HCR, Banque mondiale

Journée internationale des migrants : origine, cadre onusien et portée symbolique

La Journée internationale des migrants, célébrée le 18 décembre, est une date inscrite dans l’agenda des Nations unies pour rendre visibles les réalités des personnes en mouvement à travers le monde. Elle s’inscrit dans une histoire juridique et politique précise, liée à la protection des droits humains et au droit international du travail.

En 1990, l’Assemblée générale des Nations unies adopte la Convention internationale sur la protection des droits de tous les travailleurs migrants et des membres de leur famille. Dix ans plus tard, en 2000, l’ONU choisit le 18 décembre, jour de l’adoption de cette convention, pour instaurer une journée mondiale consacrée à tous les migrants, quels que soient leur statut, leur pays d’origine ou leur situation administrative.

« Les migrants ne sont pas un problème à gérer, mais des sujets de droit, des acteurs à part entière des sociétés qu’ils traversent, qu’ils quittent et qu’ils rejoignent. » – Extrait de débats onusiens sur la gouvernance des migrations

Cette commémoration rejoint d’autres dates clés des droits humains comme la Journée internationale des droits humains. Elles forment un calendrier militant qui structure les mobilisations associatives, syndicales et institutionnelles autour d’un socle commun : la dignité humaine.

Point de repère : la Journée internationale des migrants ne se limite pas aux personnes en exil récent. Elle concerne aussi les travailleurs saisonniers, les étudiants étrangers, les familles transnationales et les migrants de longue durée installés depuis plusieurs années.

Qui sont les migrants ? Comprendre les définitions et les réalités de terrain

Le terme migrant recouvre une grande diversité de situations. Dans les débats publics, il est souvent utilisé de manière floue. Le droit international et les organisations spécialisées proposent pourtant des définitions précises qui éclairent les enjeux de protection, de statistiques et de politiques publiques.

Définition générale du migrant selon les organismes internationaux

L’Organisation internationale pour les migrations (OIM) utilise une définition large : un migrant est toute personne qui se déplace en dehors de son lieu de résidence habituelle, à l’intérieur d’un pays ou au-delà d’une frontière internationale, de façon temporaire ou durable, pour des raisons multiples (travail, études, famille, climat, sécurité…).

En pratique, ce terme regroupe :

  • les travailleurs migrants et leur famille ;
  • les demandeurs d’asile en attente de statut ;
  • les réfugiés reconnus par un État ou par le HCR ;
  • les personnes déplacées internes (sans franchissement de frontières) ;
  • les étudiants internationaux ;
  • les migrants de retour dans leur pays d’origine.

Migrants, réfugiés, demandeurs d’asile : distinctions juridiques clés

Les distinctions juridiques influencent l’accès aux droits, à la protection et aux services. Le même parcours de vie peut être qualifié différemment selon les États, les procédures et les preuves disponibles.

Statut Définition principale Protection et droits associés
Migrant Personne qui quitte son lieu de résidence habituelle, volontairement ou non, pour une durée significative. Cadre général : droits humains fondamentaux, droit du travail selon la législation nationale, mais protection variable.
Demandeur d’asile Personne qui sollicite une protection internationale et attend une décision sur sa demande. Droit de voir sa demande examinée, protections contre le refoulement pendant la procédure, accès variable à l’hébergement, à la santé, à l’emploi.
Réfugié Personne craignant avec raison d’être persécutée pour certains motifs (race, religion, nationalité, appartenance à un certain groupe social ou opinions politiques) et reconnue comme telle. Statut protégé par la Convention de Genève de 1951, droit au séjour, à la protection, à la non-expulsion vers le pays de persécution.
« Aucun migrant ne renonce à ses droits fondamentaux en franchissant une frontière. Les droits humains ne dépendent ni d’un visa ni d’un tampon sur un passeport. » – Rappel issu des textes onusiens sur la non-discrimination

Les multiples visages de la migration contemporaine

Les migrations recouvrent une mosaïque de situations, loin d’une image uniforme. On observe des parcours individuels extrêmement différents, construits autour de projets familiaux, économiques ou de survie.

Parmi ces profils :

  • Migrations de travail : emplois saisonniers agricoles, soins à la personne, BTP, hôtellerie-restauration, services numériques, recherche scientifique.
  • Migrations familiales : regroupement conjugal, réunification parent-enfant, soutien à un proche vulnérable.
  • Migrations étudiantes : mobilités académiques, programmes d’échanges, double diplomation.
  • Exils forcés : guerres, persécutions politiques ou religieuses, violences de genre, menaces criminelles.
  • Migrations environnementales : dégradation des terres, montée des eaux, catastrophes climatiques récurrentes.
Conseil de lecture : pour saisir les liens entre migrations, climat et droits fondamentaux, un rapprochement avec les mobilisations autour de la Journée internationale des réfugiés offre un éclairage complémentaire sur les formes d’exils forcés.

Chiffres clés et tendances mondiales des migrations

Les migrations internationales s’inscrivent dans une dynamique structurante de la mondialisation. Elles concernent une part significative de la population mondiale et participent aux transformations démographiques, économiques et sociales.

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Ordres de grandeur et évolutions récentes

Selon les rapports successifs de l’OIM et des Nations unies, le nombre de migrants internationaux dépasse plusieurs centaines de millions de personnes, soit une proportion notable de la population mondiale. Cette part reste relativement stable, mais le volume augmente en valeur absolue en raison de la croissance démographique et de l’intensification des mobilités.

Les flux migratoires se structurent autour :

  • de mobilités régionales (intra-africaine, intra-asiatique, intra-européenne) ;
  • de corridors très empruntés (Amérique centrale – États-Unis, Méditerranée, Golfe persique) ;
  • de mouvements Sud–Sud souvent plus importants que les migrations Sud–Nord dans certaines régions.

Flux, pays d’origine et pays de destination

De nombreux États sont à la fois pays de départ, de transit et d’installation. Les routes migratoires se complexifient sous l’effet des politiques de visas, des accords bilatéraux, mais aussi des crises géopolitiques et climatiques.

On distingue généralement :

  • des pays d’origine marqués par des inégalités économiques, des crises politiques ou des conflits armés ;
  • des pays de transit où les migrants restent parfois plusieurs années, dans des situations administratives précaires ;
  • des pays de destination à forte attractivité économique, démographique ou académique.

Migrations et démographie : impacts croisés

Dans de nombreuses régions, les migrations influencent la structure par âge de la population, la dynamique du marché du travail et l’équilibre des systèmes de protection sociale. Les migrants occupent souvent des emplois peu pourvus par la main-d’œuvre locale, mais également des postes hautement qualifiés dans la santé, la recherche ou l’ingénierie.

Les transferts de fonds vers les pays d’origine jouent aussi un rôle significatif. Ils constituent une source de revenu stable pour de nombreuses familles et participent parfois au financement de services de base (éducation, santé, logement) dans les communautés d’origine.

Enjeux de droits humains au cœur de la Journée internationale des migrants

La Journée internationale des migrants du 18 décembre offre un cadre privilégié pour rappeler que les personnes migrantes demeurent des sujets de droit, quelle que soit leur situation administrative. Le lien avec les textes fondateurs des droits humains reste central.

Dignité, intégrité, non-discrimination

Les droits humains s’appliquent à toute personne, indépendamment de sa nationalité ou de son statut. Ils incluent le droit à la vie, le droit à l’intégrité physique et morale, la liberté de pensée et de religion, la protection contre la torture et les traitements inhumains ou dégradants.

Dans le contexte migratoire, ces principes se heurtent souvent :

  • aux pratiques de détention administrative prolongée ;
  • aux violences aux frontières, y compris les refoulements collectifs ;
  • aux discriminations dans l’accès au logement, à l’emploi, à la santé ou à l’éducation ;
  • aux discours de haine et à la stigmatisation publique.
« Nul ne sera soumis à la torture ni à des peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants. » – Article 5 de la Déclaration universelle des droits de l’homme

Droit à la santé, à l’éducation et à un niveau de vie décent

Les personnes migrantes rencontrent souvent des obstacles spécifiques dans l’accès aux services publics. La barrière linguistique, la méconnaissance des dispositifs, la peur des contrôles, la précarité du statut juridique limitent l’utilisation effective des droits formellement reconnus.

Les enjeux se situent à plusieurs niveaux :

  • Santé : accès aux soins de base, accompagnement psychologique après des traumatismes de guerre, de traversée ou de violence ;
  • Éducation : scolarisation des enfants exilés, reconnaissance des diplômes, apprentissage de la langue du pays d’accueil ;
  • Logement : hébergement d’urgence, prévention des bidonvilles, lutte contre les marchands de sommeil ;
  • Protection sociale : couverture maladie, indemnisation des accidents du travail, retraites.
À avoir en tête : la méconnaissance des droits crée un cercle vicieux de non-recours. Les associations de terrain et les structures d’accès aux droits jouent un rôle structurant pour informer, traduire, accompagner et documenter ces situations.

Violences, exploitation et traite des êtres humains

Les parcours migratoires exposent de nombreuses personnes à des violences multiples : violences policières, violences de genre, agressions racistes, extorsions, travail sous contrainte. Ces atteintes sont parfois directement liées aux dispositifs frontaliers ou à la dépendance envers des réseaux criminels.

Les formes d’exploitation incluent :

  • travail dissimulé et salaires non versés ;
  • conditions d’hébergement indignes imposées par des employeurs ;
  • exploitation sexuelle, particulièrement pour les femmes et les minorités de genre ;
  • mise au travail d’enfants dans certains contextes.

Politiques migratoires : cadres juridiques, tensions et coopérations

Les États organisent la circulation des personnes par un ensemble de lois, de règlements, d’accords bilatéraux et de pratiques administratives. La Journée internationale des migrants sert aussi de caisse de résonance pour interroger ces politiques et leurs effets concrets.

Cadre international et responsabilité des États

Le droit international fournit un socle commun, même si tous les États ne ratifient pas les mêmes textes. Au cœur de ce cadre se trouvent :

  • la Déclaration universelle des droits de l’homme ;
  • la Convention de Genève de 1951 relative au statut des réfugiés et son protocole de 1967 ;
  • la Convention internationale sur la protection des droits de tous les travailleurs migrants et des membres de leur famille (1990) ;
  • différentes conventions de l’OIT sur le travail décent, la sécurité au travail, la lutte contre le travail forcé.
« Les États ont le droit de déterminer leurs politiques migratoires, mais ce droit doit s’exercer dans le respect des obligations internationales relatives aux droits humains. » – Principe rappelé par plusieurs organes onusiens

Contrôle des frontières, visas et statuts de séjour

Les politiques migratoires articulent plusieurs leviers : délivrance de visas, contrôle aux frontières, systèmes d’asile, régularisations, expulsions, dispositifs de détention. Ces instruments structurent la vie quotidienne des personnes migrantes et conditionnent leurs trajectoires.

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On retrouve généralement :

  • des visas de court séjour pour le tourisme, les déplacements familiaux ou professionnels ;
  • des titres de séjour pour le travail, les études, la vie familiale ou les motifs humanitaires ;
  • des régimes de protection internationale (asile, protection subsidiaire) ;
  • des procédures de retour volontaires ou forcées.

Coopération régionale et tensions politiques

Les migrations constituent un sujet diplomatique sensible. De nombreux accords portent sur la gestion des frontières, la réadmission des ressortissants, les visas de travail saisonnier ou la lutte contre les réseaux criminels. Ces coopérations s’articulent parfois avec des logiques sécuritaires qui fragilisent la protection des personnes.

Les tensions se cristallisent autour de plusieurs enjeux :

  • partage des responsabilités en matière d’accueil et de réinstallation ;
  • équilibre entre contrôle des frontières et respect des droits fondamentaux ;
  • implication des pays d’origine dans la prévention des départs et la réintégration des migrants de retour.

Intégration, inclusion et cohésion sociale dans les sociétés d’accueil

Au-delà des procédures administratives, l’installation durable de migrants transforme les sociétés d’accueil. La Journée internationale des migrants invite à réfléchir à l’inclusion sociale, aux politiques d’intégration et aux conditions concrètes de la vie quotidienne.

Langue, emploi, logement : les piliers d’un parcours d’intégration

L’accès à la langue du pays d’accueil constitue un levier structurant. Cours de langue, médiation interculturelle, interprétariat ciblé dans les services publics renforcent l’autonomie des personnes et limitent les malentendus administratifs ou médicaux.

Sur le plan économique, les migrants rencontrent souvent des obstacles spécifiques : non-reconnaissance des diplômes, méfiance des employeurs, barrières réglementaires. Des dispositifs d’accompagnement à l’emploi, de validation des acquis, d’entrepreneuriat migrant ou de formation qualifiante favorisent l’accès à un travail déclaré et protégé.

Le logement est un autre enjeu central : saturation des centres d’hébergement d’urgence, absence de bail en propre, discrimination à la location. Des programmes de parrainage citoyen, de bail glissant, ou de mobilisation du parc privé permettent parfois de stabiliser les situations.

Égalité femmes-hommes et spécificités des migrations féminines

Les migrations féminines révèlent des enjeux particuliers de droits, de santé et d’autonomie. Les femmes migrantes assument souvent une double charge : soutien financier aux proches et travail de care dans le pays d’accueil, tout en affrontant le racisme et le sexisme.

La Journée internationale des femmes du 8 mars croise directement ces enjeux : violences conjugales en contexte migratoire, dépendance administrative vis-à-vis du conjoint, accès aux droits sexuels et reproductifs, reconnaissance du travail domestique.

À retenir : traiter l’intégration sans dimension de genre laisse de côté une partie décisive de la réalité. Les politiques publiques gagnent en efficacité lorsqu’elles prennent en compte les expériences spécifiques des femmes, des personnes LGBTQIA+ et des familles monoparentales migrantes.

Lutte contre le racisme, les préjugés et les discours de haine

Les représentations médiatiques des migrations influencent fortement l’opinion publique. La polarisation politique tend à réduire les personnes à des catégories abstraites, alors qu’elles mènent des vies ordinaires, faites de travail, de voisinage, de projets scolaires pour leurs enfants.

La lutte contre le racisme et la xénophobie passe par :

  • des campagnes de sensibilisation et d’éducation populaire ;
  • une formation spécifique des professionnels (police, justice, santé, éducation) ;
  • un soutien aux médias qui traitent les migrations avec rigueur et nuance ;
  • un appui aux collectifs de personnes migrantes qui portent leur propre récit.

Rôle économique et social des migrants : contributions et dynamiques

Les débats publics abordent souvent les migrations sous l’angle du coût. Les recherches économiques et sociologiques montrent une réalité plus complexe, marquée par des contributions multiples au fonctionnement des sociétés d’accueil et des pays d’origine.

Travail, secteurs en tension et innovation

Dans de nombreux pays, les migrants occupent une part significative des emplois dans des secteurs en tension : agriculture, bâtiment, logistique, aides à domicile, hôtellerie. Leur présence participe au maintien de certaines filières productives et de services.

Les compétences migrantes alimentent également l’innovation, la recherche et l’entrepreneuriat. Des diasporas structurées créent des entreprises, initient des coopérations économiques, soutiennent des projets solidaires entre pays d’origine et pays d’accueil.

Transferts de fonds et développement des territoires d’origine

Les envois d’argent vers les pays d’origine représentent une ressource significative pour de nombreuses familles. Ils sont souvent utilisés pour des dépenses de base : alimentation, scolarisation des enfants, soins médicaux, construction ou rénovation de logements.

À l’échelle locale, ces transferts financent parfois des infrastructures communautaires (forages, écoles, dispensaires) portées par des associations de migrants et des collectivités territoriales. Ces initiatives illustrent une forme de codéveloppement fondée sur l’engagement transnational.

Impact budgétaire et services publics

Les analyses budgétaires réalisées dans différents pays montrent que les migrants contribuent aux finances publiques par l’impôt, les cotisations sociales et la consommation. Les effets varient selon les structures fiscales, le niveau de qualification et les dispositifs sociaux, mais l’image d’un « fardeau » ne résiste pas à l’examen détaillé des données.

Les enjeux de financement concernent plutôt la capacité des services publics à absorber des variations rapides de population, en particulier dans les territoires déjà fragilisés. Des politiques de répartition territoriale et de soutien aux collectivités locales jouent ici un rôle déterminant.

Actions concrètes à l’occasion de la Journée internationale des migrants

Le 18 décembre sert de point de ralliement pour une multitude d’initiatives portées par des associations, des collectivités, des écoles, des universités, des entreprises et des organisations internationales. Ces actions s’inscrivent souvent dans un travail de fond mené tout au long de l’année.

Mobilisations associatives et événements citoyens

Les organisations de défense des droits, les collectifs de personnes migrantes, les syndicats et les ONG coordonnent des campagnes d’information, des rassemblements et des actions de plaidoyer. Ces mobilisations mettent en avant des témoignages, des analyses et des propositions politiques.

On retrouve par exemple :

  • des conférences-débats sur les politiques migratoires et l’asile ;
  • des projections de films suivies d’échanges avec des réalisateurs et des personnes exilées ;
  • des expositions photo retraçant des parcours d’exil et de reconstruction ;
  • des concerts solidaires et des festivals interculturels.
« Mettre en récit les trajectoires migratoires, c’est sortir du registre de la statistique pour revenir à la personne, à sa dignité, à sa capacité d’agir. » – Témoignage d’un bénévole associatif

Initiatives éducatives dans les écoles et les universités

Les établissements scolaires utilisent de plus en plus la Journée internationale des migrants comme support pédagogique. Les enseignants abordent les migrations à travers l’histoire, la géographie, la littérature, la philosophie ou l’éducation civique.

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Parmi les activités fréquemment mises en place :

  • ateliers de cartographie des routes migratoires ;
  • rencontres avec des associations de soutien aux personnes exilées ;
  • collectes de livres ou de matériel pour des centres d’hébergement ;
  • travaux créatifs (bandes dessinées, podcasts, expositions) réalisés par les élèves.
Astuce pour les équipes éducatives : articuler la Journée des migrants avec d’autres moments du calendrier des droits permet une approche transversale : par exemple en reliant les thèmes abordés avec la Journée des droits humains ou la Journée internationale des femmes pour traiter des migrations féminines.

Engagement des collectivités locales et des institutions culturelles

De nombreuses villes et régions s’engagent en faveur de politiques locales d’accueil, d’hébergement et de participation citoyenne des migrants. La Journée internationale des migrants sert alors de moment de bilan, d’annonce ou de valorisation de ces programmes.

Les institutions culturelles – théâtres, bibliothèques, musées – participent aussi à cette dynamique par :

  • des résidences d’artistes en exil ;
  • des cycles de films et de documentaires ;
  • des lectures publiques de textes écrits par des auteurs migrants ;
  • des ateliers de traduction et d’écriture multilingue.

Ce que peuvent faire les individus, les entreprises et les médias

La Journée internationale des migrants ne concerne pas uniquement les institutions. Elle interpelle aussi les pratiques quotidiennes, dans les entreprises, les rédactions, les associations de quartier ou les familles.

Gestes concrets à l’échelle individuelle et locale

Les leviers d’action individuels sont nombreux, à condition de s’inscrire dans une démarche respectueuse et durable. Il s’agit moins de « charité » ponctuelle que de tissu social à construire.

Parmi les actions possibles :

  • rejoindre une association locale impliquée dans l’apprentissage du français, l’accompagnement administratif ou l’accueil matériel ;
  • participer à des cafés linguistiques ou à des tandems d’échange de langues ;
  • soutenir des collectes ciblées organisées par des structures de confiance ;
  • inviter des voisins ou collègues récemment arrivés à des événements de quartier, des réunions d’école, des activités sportives.

Responsabilité sociale des entreprises et monde du travail

Les entreprises jouent un rôle structurant dans la vie des personnes migrantes, en tant qu’employeurs, sous-traitants ou partenaires. La Journée internationale des migrants constitue un moment propice pour questionner leurs pratiques de recrutement, de sous-traitance et de gestion des ressources humaines.

Une politique responsable inclut notamment :

  • la vérification des conditions de travail, y compris chez les sous-traitants ;
  • la prévention des discriminations à l’embauche et dans les carrières ;
  • l’accès à la formation professionnelle, y compris linguistique ;
  • la médiation sociale ou culturelle dans des équipes très diversifiées.
Point de vigilance pour les employeurs : recourir à une main-d’œuvre migrante très précaire, sans garanties sociales, expose à des risques juridiques, à des conflits sociaux et à une dégradation de l’image de marque. Un cadre contractuel clair et respectueux des droits du travail sécurise l’ensemble des acteurs.

Pratiques médiatiques et narration des migrations

Les médias façonnent fortement la perception des migrations. Le choix des mots, des images, des angles éditoriaux oriente le regard du public. Un traitement rigoureux passe par la contextualisation des chiffres, la diversité des sources et l’écoute des personnes concernées.

Des pistes concrètes émergent dans plusieurs rédactions :

  • renoncer aux métaphores déshumanisantes (« vague », « flux », « invasion ») ;
  • croiser les témoignages des personnes migrantes avec des analyses de chercheurs et de praticiens ;
  • suivre des parcours sur le temps long plutôt que de se limiter aux événements de crise ;
  • associer des journalistes eux-mêmes issus de l’exil ou des diasporas aux choix éditoriaux.

Axes de plaidoyer et perspectives pour les années à venir

Au fil des éditions, la Journée internationale des migrants devient un espace de plaidoyer structuré. Les organisations de la société civile, les collectifs de personnes migrantes et certaines institutions y formulent des propositions concrètes pour transformer les politiques et les pratiques.

Renforcement des voies légales et sûres de migration

Une partie des mobilisations met l’accent sur la création de voies légales et sûres pour éviter les drames aux frontières et la dépendance aux passeurs. Cela implique de travailler sur :

  • des programmes de réinstallation pour les personnes en besoin de protection ;
  • des visas de travail réellement accessibles et encadrés ;
  • des dispositifs de mobilité étudiante et de recherche moins restrictifs ;
  • des procédures plus transparentes pour les regroupements familiaux.

Protection des personnes en situation la plus précaire

Les organisations insistent sur la nécessité de protéger prioritairement les personnes les plus vulnérables : mineurs non accompagnés, victimes de traite, personnes en situation de handicap, survivants de torture, personnes LGBTQIA+ persécutées.

Les demandes de plaidoyer portent souvent sur :

  • la fin de la détention d’enfants pour motifs migratoires ;
  • l’accès effectif aux soins psychologiques et aux dispositifs de prise en charge des traumatismes ;
  • la protection contre les violences de genre dans les centres d’hébergement ;
  • la mise en place de statuts de séjour adaptés aux vulnérabilités spécifiques.

Co-construction des politiques avec les personnes migrantes

Un axe de travail se renforce : la participation directe des personnes concernées à l’élaboration et à l’évaluation des politiques qui les touchent. Des conseils consultatifs de personnes migrantes, des collectifs de réfugiés et des organisations diasporiques participent déjà à des espaces de dialogue.

Cette approche transforme la perception des migrants : non plus comme de simples bénéficiaires de politiques publiques, mais comme des acteurs à part entière, porteurs de savoirs, d’analyses et de solutions ancrées dans l’expérience vécue.

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