Chaque 21 septembre, la Journée mondiale Alzheimer met en lumière une réalité qui touche des millions de familles. Derrière les troubles de la mémoire se cachent des mécanismes neurologiques complexes, des symptômes parfois discrets au départ, et des répercussions profondes sur le quotidien.
Comprendre la maladie d’Alzheimer, ses signes précoces, ses facteurs de risque et les solutions d’accompagnement change la vie des patients comme des proches aidants. Les pistes de recherche, les droits des malades et les ressources disponibles réservent souvent des surprises à ceux qui s’y intéressent de près.
| Thème clé | Informations essentielles |
| Objectif de la journée 🌍 | Sensibiliser le public, soutenir les proches et encourager une meilleure compréhension de la maladie. |
| Nature de la maladie 🧠 | Trouble neurodégénératif affectant mémoire, comportement et autonomie au fil du temps. |
| Signes fréquents | Troubles de mémoire, désorientation, difficultés à effectuer des tâches quotidiennes. |
| Enjeu sociétal | Impact croissant avec le vieillissement de la population ; besoin de meilleures prises en charge. |
| Message clé 💚 | Renforcer la solidarité et promouvoir l’accompagnement des patients et aidants. |
Journee mondiale Alzheimer
Chiffres cles et projections mondiales
Evolution mondiale du nombre de cas (en millions)
Repartition par age en France (%)
Sources : OMS, Alzheimer Disease International (ADI), World Alzheimer Report, France Alzheimer, Inserm, Fondation Recherche Alzheimer. Les valeurs a partir de 2025 sont des estimations ou projections.
Journée mondiale Alzheimer du 21 septembre : origine, enjeux et objectifs de sensibilisation
La Journée mondiale Alzheimer, instaurée en 1994 par Alzheimer Disease International, a lieu chaque 21 septembre. Cette date symbolique sert de point d’ancrage à une vaste mobilisation internationale autour de la maladie d’Alzheimer et des autres troubles neurocognitifs majeurs. Associations, institutions de santé, chercheurs et proches aidants se réunissent pour informer, briser les idées reçues et renforcer la solidarité.
Cette journée agit comme un véritable amplificateur de messages. Les campagnes de sensibilisation mettent en avant les signes d’alerte, les possibilités de diagnostic précoce, ainsi que les dispositifs d’orientation vers les structures de soins, les plateformes de répit ou les groupes de soutien. De nombreuses conférences, stands d’information ou événements culturels permettent aussi de rendre la maladie plus visible dans l’espace public.
La Journée mondiale Alzheimer s’inscrit dans un ensemble plus large de dates de sensibilisation à la santé et au handicap. Elle fait écho, par exemple, à la Journée mondiale de sensibilisation à l’autisme ou encore à la Journée mondiale du diabète, qui partagent le même objectif de pédagogie médicale et de lutte contre la stigmatisation.
« La Journée mondiale Alzheimer du 21 septembre rappelle que derrière chaque diagnostic, il y a une histoire de vie, une famille, un environnement, et une dignité à préserver. »
Pourquoi une journée dédiée à la maladie d’Alzheimer ?
La progression du nombre de personnes atteintes de troubles neurocognitifs majeurs représente un enjeu de santé publique. Le vieillissement de la population entraîne une augmentation du nombre de cas et met les systèmes de soins, les structures médico-sociales et les proches aidants face à de nouveaux défis : charge émotionnelle, organisation du quotidien, adaptation du logement, risques de chute, errance ou dénutrition.
Cette journée a plusieurs missions :
- Informer sur les mécanismes de la maladie d’Alzheimer et les autres démences.
- Favoriser un diagnostic précoce pour optimiser la prise en charge et adapter l’environnement de vie.
- Soutenir les aidants familiaux ou professionnels, souvent confrontés à un épuisement progressif.
- Encourager la recherche clinique et fondamentale sur les traitements médicamenteux, la prévention et l’accompagnement non médicamenteux.
- Combattre les préjugés qui assimilent la maladie à une simple « perte de mémoire liée à l’âge ».
Comprendre la maladie d’Alzheimer : définition médicale et mécanismes cérébraux
La maladie d’Alzheimer est une pathologie neurodégénérative progressive. Elle se caractérise par la destruction lente et continue de certaines zones du cerveau, en particulier l’hippocampe, siège de la mémoire épisodique, puis le cortex associatif impliqué dans le langage, les fonctions exécutives et l’orientation spatiale.
Sur le plan biologique, la maladie se marque par deux types de lésions :
- les plaques amyloïdes, dépôts anormaux de peptide bêta-amyloïde entre les neurones ;
- les dégénérescences neurofibrillaires, liées à une modification pathologique de la protéine tau à l’intérieur des neurones.
Alzheimer, démence, troubles neurocognitifs : bien distinguer les notions
Le terme « démence » (aujourd’hui souvent remplacé par « trouble neurocognitif majeur ») désigne un ensemble de symptômes : altération de la mémoire, du langage, du jugement, des capacités à effectuer les activités de la vie quotidienne. La maladie d’Alzheimer correspond à l’une des causes de ces troubles, mais pas à la seule.
Parmi les autres maladies responsables de démences, on trouve notamment :
- les démences vasculaires (liées à des accidents vasculaires cérébraux multiples ou à une microangiopathie cérébrale) ;
- la démence à corps de Lewy ;
- la dégénérescence fronto-temporale ;
- les troubles neurocognitifs liés à certaines maladies neurologiques (par exemple, la maladie de Parkinson) ou métaboliques.
La Journée mondiale Alzheimer attire aussi l’attention sur ces pathologies associées, car les symptômes s’entrecroisent et nécessitent une expertise neurologique ou gériatrique fine pour poser un diagnostic précis.
Symptômes de la maladie d’Alzheimer : signes d’alerte et évolution
La maladie d’Alzheimer se développe souvent silencieusement pendant plusieurs années avant que les premiers symptômes ne perturbent la vie quotidienne. Les proches jouent un rôle central dans le repérage des changements de comportement ou de fonctionnement.
Signes précoces : au-delà des « petits trous de mémoire »
Certains indices doivent amener à consulter un médecin généraliste ou un gériatre pour un bilan plus approfondi :
- troubles de la mémoire récente : répétition fréquente des mêmes questions, oubli des rendez-vous, difficulté à retenir des informations récentes ;
- désorientation dans le temps ou l’espace : confusion sur la date, difficulté à retrouver son chemin dans un environnement familier ;
- troubles du langage (aphasie légère) : difficulté à trouver les mots, phrases moins structurées ;
- difficultés dans les tâches complexes : gérer ses comptes, suivre une recette, organiser un déplacement ;
- changement de personnalité ou d’humeur : irritabilité, repli sur soi, perte d’initiative.
La frontière entre vieillissement cognitif « habituel » et maladie reste parfois difficile à percevoir pour la famille. Un avis spécialisé permet de clarifier la situation, d’évaluer les fonctions cognitives et d’orienter vers une consultation mémoire si nécessaire.
Évolution des symptômes : des troubles légers au stade sévère
La maladie évolue de manière progressive, selon un rythme variable selon les personnes. Les spécialistes décrivent souvent trois grands stades cliniques, avec des nuances d’un patient à l’autre :
| Stade | Caractéristiques principales | Impact sur le quotidien |
|---|---|---|
| Stade léger | Troubles de la mémoire récente, difficultés d’organisation, légère désorientation. | Autonomie globalement préservée mais besoin de rappels, de repères visuels, d’un soutien pour les démarches administratives. |
| Stade modéré | Aggravation des troubles cognitifs, apparition de troubles du langage, de l’orientation, parfois de troubles du comportement. | Besoin d’aide pour la toilette, l’habillage, la prise des médicaments, la préparation des repas. Risque d’errance. |
| Stade sévère | Perte majeure des repères, difficultés de communication verbale, troubles moteurs et de déglutition fréquents. | Dépendance quasi totale, besoin d’une surveillance continue, recours fréquent à des structures spécialisées. |
Les symptômes ne se limitent pas à la cognition. Des troubles comportementaux et psychologiques peuvent apparaître : agitation, hallucinations, délires, apathie, troubles du sommeil. Une approche pluridisciplinaire (médecin, infirmier, psychologue, ergothérapeute) permet de mieux les appréhender.
Facteurs de risque et causes : ce que l’on sait aujourd’hui
La cause exacte de la maladie d’Alzheimer reste multifactorielle. Les recherches montrent une combinaison d’éléments génétiques, environnementaux et liés au mode de vie. Comprendre ces facteurs ne signifie pas « culpabiliser » les patients ou les familles, mais mieux cibler la prévention et les stratégies de réduction du risque.
Rôle de l’âge, de la génétique et des antécédents familiaux
L’âge avancé demeure le facteur de risque le plus fortement associé à la maladie. La majorité des diagnostics se situent après 65 ans, avec une incidence qui augmente avec le temps. Toutefois, des formes plus précoces existent, parfois avant 60 ans, appelées formes « à début précoce ».
Sur le plan génétique, plusieurs situations se distinguent :
- formes familiales rares, liées à des mutations précises (APP, PSEN1, PSEN2) et souvent transmissibles de manière autosomique dominante ;
- formes sporadiques plus fréquentes, où certains gènes de susceptibilité comme l’APOE ε4 augmentent le risque sans le déterminer à eux seuls.
Avoir un parent atteint n’implique donc pas systématiquement de développer la maladie. Le risque global augmente, mais reste fortement modulé par d’autres facteurs (santé cardiovasculaire, niveau d’éducation, stimulation cognitive, environnement).
Facteurs de risque modifiables : cerveau, cœur et hygiène de vie
De nombreuses études mettent en avant le lien entre santé cardiovasculaire et fonctions cognitives. Les facteurs suivants favorisent la fragilisation du réseau vasculaire cérébral et peuvent contribuer au développement de troubles neurocognitifs :
- hypertension artérielle mal équilibrée ;
- diabète mal contrôlé ;
- hypercholestérolémie ;
- tabagisme ;
- obésité et sédentarité.
La prévention cardiovasculaire, déjà mise en avant lors de la Journée mondiale du diabète, rejoint ici la prévention des troubles cognitifs. Une alimentation équilibrée, inspirée par exemple du modèle méditerranéen, la pratique régulière d’une activité physique et la surveillance des facteurs de risque médicaux contribuent à protéger le cerveau.
D’autres éléments entrent également en jeu :
- niveau de stimulation cognitive tout au long de la vie (lecture, apprentissages, activités culturelles, travail intellectuel) ;
- qualité du sommeil et traitement des apnées du sommeil éventuelles ;
- isolement social, qui fragilise le moral et la résilience psychique ;
- traumatismes crâniens répétés (sports de contact, accidents de la route).
Diagnostic de la maladie d’Alzheimer : étapes, examens et acteurs impliqués
Le diagnostic ne repose pas sur un examen unique. Les professionnels suivent une démarche structurée, qui combine évaluation clinique, tests cognitifs, imagerie cérébrale et, dans certains cas, biomarqueurs. L’objectif est de confirmer la présence d’un trouble neurocognitif majeur, d’en déterminer la cause et d’écarter d’autres pathologies réversibles.
Consultation mémoire : porte d’entrée vers un bilan complet
Face aux premiers symptômes, le médecin traitant oriente souvent vers une consultation mémoire. Ces structures, intégrées à des hôpitaux, des services de gériatrie ou de neurologie, rassemblent plusieurs spécialistes : gériatres, neurologues, psychiatres, neuropsychologues, infirmiers spécialisés.
Le bilan comprend généralement :
- un entretien clinique détaillé avec le patient et un proche, pour retracer l’histoire des troubles ;
- une évaluation neuropsychologique (tests de mémoire, fonctions exécutives, langage, praxies) ;
- des examens biologiques pour écarter des causes métaboliques ou carentielles (déficit en vitamine B12, troubles thyroïdiens…) ;
- une imagerie cérébrale (IRM ou scanner) pour visualiser l’atrophie cérébrale ou d’éventuelles lésions vasculaires.
Dans certaines situations, des examens complémentaires se révèlent utiles : ponction lombaire pour étudier les biomarqueurs dans le liquide céphalo-rachidien, imagerie fonctionnelle (TEP) pour analyser le métabolisme cérébral.
Annonce du diagnostic et droit à l’information
L’annonce du diagnostic représente une étape délicate pour le patient comme pour la famille. Le médecin s’appuie sur les résultats du bilan pour expliquer les mécanismes de la maladie, son évolution probable, les possibilités de traitements et d’accompagnement. La personne conserve le droit de choisir la manière dont elle souhaite être informée, ainsi que d’associer ou non certains proches.
« Toute personne a le droit d’être informée sur son état de santé, sur les investigations, les traitements ou les actions de prévention qui lui sont proposés. » (Principe général issu du droit à l’information du patient)
Après l’annonce, un temps d’échange plus long aide à répondre aux questions : maintien à domicile, aménagement du logement, démarches administratives, aides financières, soutien psychologique. Des associations spécialisées et des plateformes d’accompagnement et de répit peuvent alors intervenir.
Traitements actuels et prise en charge globale
À ce jour, aucun médicament ne guérit la maladie d’Alzheimer. La prise en charge vise à ralentir l’évolution des symptômes, à soulager certains troubles associés et à préserver la qualité de vie. Cette approche se construit sur plusieurs piliers : traitements pharmacologiques, interventions non médicamenteuses, adaptation de l’environnement et soutien aux proches.
Médicaments disponibles et limites thérapeutiques
Selon les pays et les recommandations en vigueur, certains médicaments sont prescrits pour les stades léger à modéré de la maladie. Ils appartiennent principalement à deux classes :
- les inhibiteurs de l’acétylcholinestérase (donépézil, rivastigmine, galantamine) ;
- la mémantine, qui agit sur les récepteurs NMDA.
Ces molécules améliorent parfois certains symptômes ou stabilisent la situation pendant une période. Leur efficacité reste variable selon les patients. Elles doivent être réévaluées régulièrement en fonction de la tolérance et de l’évolution. D’autres médicaments interviennent de manière ciblée pour les troubles du sommeil, l’anxiété, la dépression ou certains troubles du comportement.
Approches non médicamenteuses : rééducation, stimulation et environnement
Les approches non médicamenteuses occupent une place centrale. Elles mobilisent différentes disciplines pour maintenir les capacités restantes et soutenir l’autonomie :
- orthophonie : travail sur le langage, la communication, la déglutition ;
- ergothérapie : adaptation du logement, apprentissage de stratégies pour compenser les difficultés dans les gestes du quotidien ;
- psychomotricité : maintien de l’équilibre, de la coordination et du schéma corporel ;
- ateliers de stimulation cognitive : exercices de mémoire, d’attention, de fonctions exécutives ;
- musicothérapie, art-thérapie, médiation animale : activités favorisant l’expression émotionnelle et le lien social.
L’adaptation de l’environnement joue un rôle déterminant : éclairage, repères visuels, simplification des trajets, sécurisation de la cuisine, prévention des chutes. Chaque ajustement vise à réduire le stress, limiter les situations de confusion et promouvoir un sentiment de sécurité.
Vivre avec la maladie d’Alzheimer : quotidien des personnes atteintes
Le diagnostic n’efface ni l’identité, ni l’histoire, ni les préférences de la personne. Vivre avec la maladie d’Alzheimer implique un réaménagement progressif de la vie quotidienne, mais des habitudes, des passions et des relations demeurent. L’enjeu consiste à préserver le plus longtemps possible la participation sociale et la dignité.
Maintien à domicile et adaptation progressive
De nombreuses personnes restent à domicile pendant plusieurs années après le diagnostic. Cette période requiert une organisation souple, évolutive, qui tient compte des besoins, des envies et du niveau de dépendance :
- mise en place d’aides à domicile pour le ménage, les repas, l’hygiène ;
- recours à des services de soins infirmiers à domicile pour la prise des médicaments ou la surveillance de la santé générale ;
- aménagement de la salle de bain et de la chambre pour limiter les risques de chute ;
- utilisation de repères visuels (pictogrammes, étiquettes, calendrier mural, agenda simplifié).
Les activités sociales et de loisirs doivent continuer à occuper une place centrale : sorties, rencontres avec des amis, participation à des ateliers de jour, visites familiales. Le lien social renforce la stabilité émotionnelle et réduit l’anxiété.
Expression des émotions et maintien de l’estime de soi
Les personnes atteintes expriment souvent un mélange de peur, de tristesse, de colère ou de honte face aux pertes de repères. L’écoute active, la validation des émotions et le respect du rythme de chacun créent un climat de confiance. La maladie modifie certaines capacités, mais ne retire pas la sensibilité ni la capacité à ressentir la joie, la fierté ou la sérénité.
« Je ne suis pas la maladie. Je suis une personne qui vit avec un diagnostic d’Alzheimer, avec mon histoire, mes liens et mes projets. »
Des groupes de parole dédiés aux personnes diagnostiquées existent dans certaines associations. Ils offrent un espace pour partager les ressentis, les astuces du quotidien et les inquiétudes liées à l’avenir. La Journée mondiale Alzheimer du 21 septembre donne souvent une visibilité accrue à ces dispositifs.
Rôle central des proches aidants : charges, ressources et prévention de l’épuisement
La maladie d’Alzheimer transforme aussi la vie des conjoints, des enfants, des frères et sœurs. Le rôle d’aidant familial naît souvent sans formation spécifique, par nécessité et par solidarité. Avec le temps, la charge physique, émotionnelle et organisationnelle augmente.
Les multiples facettes du rôle d’aidant
L’aidant intervient sur plusieurs registres :
- gestion des démarches administratives et financières ;
- coordination avec les professionnels de santé et les services à domicile ;
- soutien moral, écoute, présence au quotidien ;
- aide concrète pour l’hygiène, l’habillage, l’alimentation ;
- veille permanente pour prévenir les accidents domestiques ou les errances.
Cette implication prolongée expose à un risque d’épuisement, de troubles anxieux, de dépression et parfois de problèmes de santé somatique. L’aidant a lui aussi besoin de reconnaissance, de soutien et de temps pour soi.
Dispositifs de soutien et solutions de répit
Plusieurs structures et mesures publiques soutiennent les proches :
- plateformes d’accompagnement et de répit pour aidants, qui proposent entretiens individuels, groupes de parole, ateliers de gestion du stress ;
- accueils de jour pour personnes atteintes, permettant à l’aidant de disposer de quelques heures libres ;
- hébergements temporaires en établissement pour organiser un repos plus long ;
- dispositifs d’aide financière (allocation personnalisée d’autonomie, prestations spécifiques selon les pays).
Structures d’accueil et parcours de soins : du domicile à l’établissement
Au fil de l’évolution de la maladie, le maintien à domicile devient parfois trop complexe ou dangereux. L’entrée en établissement ne se résume pas à un échec du maintien à domicile. Elle constitue souvent une étape du parcours de soins, qui sécurise le patient et soulage les proches.
Types de structures spécialisées
Plusieurs solutions existent, avec des appellations qui varient selon les pays :
- unités cognitivo-comportementales en milieu hospitalier, pour les situations de crise ou les évaluations approfondies ;
- unités protégées au sein des établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes, sécurisées pour limiter les fugues et les accidents ;
- maisons d’accueil spécialisées pour les formes très sévères ou les personnes plus jeunes ;
- foyers de vie ou résidences autonomie pour des situations intermédiaires.
Le choix de la structure se fait en concertation avec la personne, dans la mesure de ses capacités de décision, et avec la famille. Les visites préalables, les temps d’essai et les échanges avec l’équipe soignante facilitent la transition.
Coordination médicale et projet de vie
Quel que soit le lieu de vie, le projet de soins s’articule autour d’un projet de vie personnalisé : respect des habitudes, activités adaptées, maintien des liens familiaux, accompagnement de la fin de vie dans la dignité. La coordination entre le médecin traitant, les spécialistes, les infirmiers, les psychologues et les travailleurs sociaux garantit une approche cohérente.
« La qualité de la prise en charge d’une personne atteinte d’Alzheimer se mesure à la capacité des équipes à conjuguer compétences techniques et attention au vécu singulier du patient et de ses proches. »
Recherche et innovations : perspectives pour la maladie d’Alzheimer
La recherche sur la maladie d’Alzheimer avance dans plusieurs directions : compréhension des mécanismes moléculaires, biomarqueurs de diagnostic précoce, essais thérapeutiques, rééducations numériques, soutien aux aidants. La Journée mondiale du 21 septembre offre régulièrement un temps de bilan sur ces progrès.
Nouveaux biomarqueurs et diagnostic précoce
Les équipes scientifiques travaillent sur des biomarqueurs sanguins capables de détecter plus tôt les anomalies amyloïdes ou tau. L’objectif est de repérer la maladie avant l’apparition de symptômes cliniques trop marqués, pour intervenir à un stade où la neurodégénérescence reste limitée.
Parallèlement, les techniques d’imagerie avancée, comme la TEP amyloïde ou tau, affinent le diagnostic et la compréhension de la progression des lésions dans le cerveau. Ces outils, encore souvent réservés à la recherche ou à des centres spécialisés, pourraient s’élargir progressivement.
Pistes thérapeutiques et innovations dans l’accompagnement
Les traitements en développement ciblent notamment :
- la réduction des dépôts amyloïdes ;
- la stabilisation de la protéine tau ;
- la modulation de la neuroinflammation ;
- la protection des synapses et des réseaux neuronaux.
En parallèle, des innovations concernent les outils d’accompagnement : applications de suivi cognitif, plateformes numériques d’aide aux aidants, dispositifs de géolocalisation pour sécuriser les déplacements, solutions domotiques pour adapter le logement. Les ateliers de remédiation cognitive informatisés, la réalité virtuelle ou la robotique sociale ouvrent aussi de nouvelles pistes.
Prévention globale et santé cérébrale au fil de la vie
La prévention de la maladie d’Alzheimer rejoint une vision globale de la santé cérébrale. Les messages relayés lors de la Journée mondiale ne concernent pas seulement les personnes âgées, mais aussi les générations plus jeunes, qui construisent leur réserve cognitive et physique.
Hygiène de vie, stimulation cognitive et lien social
Plusieurs axes se complètent :
- activité physique régulière (marche, vélo, natation, gymnastique douce) pour stimuler la vascularisation cérébrale ;
- alimentation variée, riche en fruits, légumes, poissons gras, céréales complètes, en limitant les excès de sucres raffinés et de graisses saturées ;
- stimulation intellectuelle par la lecture, les jeux de stratégie, l’apprentissage de langues ou de nouvelles compétences ;
- vie sociale active, engagement associatif, activités collectives ;
- gestion du stress et qualité du sommeil, par des techniques de relaxation, de respiration ou une prise en charge psychologique si nécessaire.
Les démarches de prévention rejoignent d’autres campagnes de sensibilisation en santé publique. Elles s’inscrivent, par exemple, dans la continuité des messages relayés lors des journées mondiales de sensibilisation consacrées à diverses pathologies chroniques ou handicaps.
Surveillance médicale et dépistage ciblé
Un suivi régulier avec le médecin traitant permet de contrôler la tension artérielle, la glycémie, le cholestérol, le poids, ainsi que d’évaluer la mémoire en cas de plainte. Chez certaines personnes à risque accru (antécédents familiaux, maladies cardiovasculaires multiples, troubles cognitifs légers), une vigilance renforcée aide à intervenir plus tôt.
« Préserver son cerveau commence bien avant la retraite, par une attention continue à son corps, à ses relations et à sa curiosité intellectuelle. »
La dimension sociale et sociétale de la Journée mondiale Alzheimer
Au-delà des enjeux médicaux, la Journée mondiale Alzheimer du 21 septembre porte une dimension sociale forte. Elle interroge la place faite aux personnes âgées, la représentation du vieillissement, la solidarité intergénérationnelle et la lutte contre l’isolement.
Combat contre la stigmatisation et les idées reçues
Les idées reçues restent nombreuses : « Alzheimer se limite à la mémoire », « la personne ne comprend plus rien », « la démence est une fatalité du grand âge ». Ces représentations réduisent les malades à leurs symptômes et entravent les relations sociales. La sensibilisation vise à montrer la personne dans sa globalité : histoire de vie, compétences restantes, émotions, humour, créativité.
Les témoignages lors des événements du 21 septembre jouent un rôle clé. Familles, soignants, personnes diagnostiquées partagent leurs expériences, les difficultés, mais aussi les ajustements trouvés pour continuer à vivre ensemble, différemment.
Engagement des collectivités, du monde associatif et des citoyens
Les collectivités territoriales, les centres communaux d’action sociale, les associations Alzheimer, les structures de soins et les citoyens se mobilisent chaque année. Illuminations de bâtiments, expositions, marches de solidarité, conférences publiques, ateliers interactifs renforcent la visibilité de la maladie dans l’espace public.
Cette mobilisation contribue à :
- améliorer la connaissance des dispositifs d’aide ;
- renforcer la coordination entre acteurs (médical, social, associatif) ;
- encourager les proches à franchir le pas d’une consultation lorsqu’ils repèrent des signes d’alerte ;
- porter le sujet dans le débat public, en lien avec les politiques de dépendance, de handicap et de santé mentale.
La Journée mondiale Alzheimer s’inscrit de plus en plus dans un mouvement global de reconnaissance des troubles neurodéveloppementaux et des maladies chroniques, en résonance avec la Journée mondiale de sensibilisation à l’autisme ou d’autres grandes dates de santé publique.